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  • Escalade en Sicile

    La friture m'envahie les narines, la pluie colle le gras sur les bâches qui protégent les estancos de chaussures, de fruits, de graines, de pain, de babiolles, de frocs à 2 €... Tout se cotoie, tous se mélange. Ça braille pour refourguer sa came, ça joue des épaules, ça marchande, ça fait affaire, ça compte les biftons qu'on enroule dans un élastique. Les mobs pourries, rapiécées et scotchées se tiennent les unes aux autres, solidaires. Les chats grouilles, se castagnent, et font le bonheur de ma marmaille que je dois surveiller pour ne pas la perdre au cul d'un de ces matoux pouilleux. Les photos des acteurs et chanteurs Italiens semblent tenir les murs pourris des gargottes de la ruelle, autant que les sacs de riz et de pois chiche du black d'à côté. Je suis au bled, à Palerme, la capitale du coin où le nom des rues est écrit en Italiens, en Hébreu et en Arabe. Ça questionne une fois de plus sur les frontières et "les imbéciles heureux qui sont nés quelques part".

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    On se fait présser quelques verres de grenade, par une mamma que les années de marché n'ont pas finie d'esquinter. Son mari, le quintal et demi fier et proéminant, casse trois noix charnues pour les tendre à mes mouflets la bouche déjà pleine de paille et de jus. On craque un bifton chez le primeur d'à côté, qui nous enroule de l'Italia bien frais dans un cornet en papier. On se fait traquer mais sans empressement, sans insistance, c'est le tarif de notre statut de touriste voyant et voyeur.

    La grappe d'Italia est vite boulottée par mon ado fleurissante, jamais rasassiée. Alors on se pose à l'adresse du coin, celle des locaux, et des touristes qui veulent s'encanailler loin des lounges à la mode, et qui n'ont pas peur de passer une partie de leur vacances au dessus de la cuvette. Côté de la cuisine, on est loin du stage d'hygiene de la chambre des métiers et les filles enfarinent de la pouascaille qu'elles balancent dans l'huile au dessus des cartons étalés sur le carrelage du misérable gastos de 10 m2, en jean et basket, limite la cloppe au bec. Ma troupe s'aglutine autour d'une table en plastoque et se partage les fritures toutes fraiches qui débordent des assiettes en petrole. Je presse le gras de ma croquette de panis, mon p'tit baffre ses pattes-sauce-tomate-et-mèche-qui-trempe, ma femme fait dans l'aubergine farcie, la belle vie quoi. Et de notre bout de trotoir embâché, il ne nous reste qu'à déguster le meilleur repas de la semaine, à nous laisser envahir par l'ambiance, à écarquiller les yeux, et tendre l'oreille pour écouter la musique de la vie du sud de l'Italie. Bon, j'aimerais pas être en cuisine, parce que ça braille et ça bosse, ça s'invective, ça s'envoir chier, mais je crois que sans cela, ils créveraient d'ennui.

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    Un vieux tube moisi des années 80 (pléonasme) couvre alors les enguelades et les rires, et nous déboite les tympans. Les ratiches flamboyantes d'un black à la coupe de cheveux improbable nous aveuglent un instant, et je comprend que la voix de Madonna est expulsée par une enceinte fixée par des fils éléctriques sur la mob du Mickel Jackson du coin. C'est l'heure du show. Si à notre terrasse ça ne bouge pas trop, il va rencontrer et faire trémousser son publique 100 m plus loin, qui lui remplira son chapeau avant la prochaine représentation. Ce n'est pas le Zénith, mais bon,  ce n'est pas James Brown non plus...Une accolade avec un local, deux trois check et notre "re-noi" disparait comme il est apparu, soudainement. Je ne doute pas que son trop plein de vie est tout à côté, occupé à envahir la terrasse d'à côté.

    La journée s'étire chez un nouveau marchand de glace. En même temps, j'avias dis "une gélatéria différente chaque jour", typiquement le genre de chose que mes enfants parviennent à retenir facilement. Il faut dire que je n'oublie pas non plus. Alors je boulotte mon cornet de Nocciola en me perdant dans les ruelles de Viccicera, le quartier oublié de Palerme, à louvoyer entre des centaines de poubelles qui nous guident jusqu'au port. Mais elles auraient bien pu nous guider ailleurs tellement le sol en est jonché. Impréssionnant. Et le Costa Diadema sort du port. 2000 cabines, 4200 passagers, 1600 hommes d'équipage, bien propre lui. Mais d'où je suis, le cul dans le sable mouillé à regarder des pêcheurs sous le ciel sombre, je me dit que je suis à la bonne place, loin de la moquette et des nappes fuschia des restos du bord.

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    Il va bientôt faire nuit, il ne reste que 3% de baterie sur mon téléphone et Iphigénie est ma seule arme pour retrouver notre bagnole, que j'éspère espère encore sur ses pneus et non sur 4 parpaings. Je n'ai pas pris l'assurance suplémentaire que le rouquin de Sicily By Car a voulu me refourguer, pas plus que le supplément pour une plus grosse bagnole, le genre de préssage de courge bien dans l'air du temps, bien lourd, bien chiant. Je n'aime pas mon statut de touriste, déambulant comme un con à regarder la Xième église, à me faire alpaguer par un serveur qui veut me faire bouffer n'importe quoi à n'importe quelle heure de la journée, à me coler le nez sur la vitrine d'un magasin dont je me fout totalement... J'ai comme envie d'être une partie de la vie du coin, mais pas de faire partie du décors, envie de boire un verre de pinard avec les vieux du coin, de comprendre ce qui se passe, de leur piquer un peu de chez eux pour m'enrichir et ne pas faire que transporter un souvenir... On reviendra, mais on dit ça à chaque fois... 

    Et l'escalade en Sicile dans tout ça ? Dingue...

  • Sérac de merde

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    "Courrez ! Courrez bordel !". Quand ton guide te dit ça, tu t'executes, tu vomiras plus tard si tu es encore vivant.  Alors mes 3 vaillants alpinistes débutants, plein d'étoiles dans les yeux à la vue du sommet, ont courru, comme jamais. Les cordées du dessus nous ont alerté et les premiers blocs descendaient déjà plein pot, on allait se planquer bien avant qu'ils n'arrivent sur nous. Mais quand j'ai levé la tête pour la deuxième fois, toute la barrière de sérac s'est écroulée devant mes yeux, sans un bruit, dans un nuage de poudre. 

    Ce que je redoute depuis toutes ces années est en train d'arriver, on va se faire défoncer par des milliers de tonnes de glace insensibles, qui ne connaissent pas mes enfants, qui ne comprennent pas que ce n'est pas le moment, qu'on est champion du monde. Ce n'est pas juste. Personne ne craque sur ma cordée, même si ça hurle, tout le monde court le plus à droite possible, loin de l'axe et de ce monstre d'un autre monde qui fond sur nous gueule ouverte, affamé, sans pitié. Mais là, on ne peut pas aller plus loin, nous sommes au bord d'une autre barrière de sérac, le vide nous arrête...

    Un premier bloc roule à notre gauche, un éclaireur, l'infanterie va suivre. Puis un bloc gros comme une bagnole saute dans la pente, au dessus de nous. Je n'y crois pas ! Je n'arrive pas à croire que même si loin de l'axe nous allons nous en prendre plein la gueule ! Le bloc riccoche, une fois , deux fois, il roule juste là, une cordée joue au torréro et l'évite. Tu as encore perdu le taureau, tu as encore perdu...

    Puis plus rien, finit, le monstre semble avoir changé sa course, où alors il se délecte des copains qui traversaient juste sous sa couche. Antoine et Charles, tout frais moulu de la "grande école", ils sont en dessous, c'est sur. Ils sont morts. Eux et leur clients. Putain c'est pas vrai ! Je cherche des raisons de me rassurer, mais je les ai vue s'engager dans la traversé sous la barre d'immeuble quand elle s'est éffondrée. Pas moyens d'échapper à ça, je le sais, tout le monde le sait.

     Un de mes clients chialle tout ce qu'il peut, une autre finit de brailler sa peur, la troisième ne sait pas trop ce qui c'est passé. Je serre les dents et je sort ma radio, je me cale sur la fréquence des potos. Mes appels restent sans réponse. J'insiste, je change de canal, rien. Putaiiiiiin, fait chier meeeerde ! J'appelle le refuge, rien non plus, et les secours ne semblent pas m'entendre non plus. À croire que ce putain de sérac a plié les balises secours.

    Et puis j'entends la voie d'Antoine sortir de la grille en plastoque de ma radio, comme la fumé d'un petit génie, elle virevolte un instant autour de moi, distille ces pépites de vie, et j'entend de nouveau la voie du jeune barbu tenter d'avoir de nos nouvelles. Il est débout, droit dans ses Sportiva, une grenade d'adrénaline découpillée dans son système nerveux, il ne sait pas encore que personne ici n'a été touché. Charles prend le relais pour nous dire que tout va bien aussi de son côté... C'est dingue, je ne comprend pas comment c'est possible, mais c'est putain de bon de les entendre ! 

    Timming de dingue, chance de cocu, réflexes acérés des jeunes guides, des clients qui ne tombent pas, qui percutent, bonne visis, neige qui porte... bref des conditions qui ont permis que personne ne se fasse défoncer. Et merci la chance.

    Mes clients reprennent leur ésprit, les cordées voisines se parlent, une atmosphère de franche camaraderie et de bien veillance nous lie. Manquerai plus que le générique des bisounours et nous irions tous nous rouler des galoches et courir tout nu dans les champs. Mais bon, je ne me suis pas lavé les dents et le temps est à la décision. Et si le gros des séracs est partit, l'adrénaline et le contexte me disent gentiment de redescendre mater des jupes sur les terrasses des bars du coin, ce que l'on fait fissa, histoire de ne pas laisser s'échapper les bulles des binouses, et que les nuages ne fassent fuirent les jupes des terrasses...

    Et maintenant on fait quoi de tout ça ? Y aller ou pas, toujours la même question. Décision personnelle, individuelle. Une réponse qui devrait sortir des entrailles de chacun, loin des préocupations financières, loin des tabous corporatistes, des non dits des habitudes. Mais il y a les clients de "celui qui va devant". Le guide les a sur sa corde, là, tout près, leur souffle dans le dos. Ils s'en remettent entièrement à lui, veulent partager ces lumières avec leurs mouflets, leurs amours, leur voisins. "Un sérac, c'est quoi ?". Du coup, cette décision n'est pas si personnelle, elle engage bien d'autre que ma pomme, que mes envies et mes besoins. C'est bien plus qu'une croix sur mon planning.

    Un de nos anciens nous avait dit un jour, "nous ne sommes que des hommes, et nous avons le droit de faire des erreurs, mais nous n'avons pas le droit de ne pas faire notre métier". Alors pour ma part, cela faisait peut être 10 ans que je n'avais pas mis les pieds par là-bas, sous ces tours, pour cette raison, la peur. Et puis cette année, je prends des libertés avec mes convictions, je me laisse rattraper par d'autres points de vue, mon accuité faiblie, d'abord sous les séracs du petits plateau, monstrueux, puis sous le Dôme. Mais je ne veux pas jouer à la roulette russe, ce n'est pas mon tempérament. Alors c'est décidé, de bien belles courses m'attendent ailleurs, le calcaire chaud, les fissures en granite, une idée de Kalymnos, l'apéro des guides dans les refuges Italiens, les potos avec qui je vais me tirer la bourre cet automne. Je suis définitivement du côté de la vie, de celle qui donne envie d'embrasser ma belle dans le cou, de me retourner sur une jambe bronzée, un parfum qui passe, des idées qui passent avec, de me reservir une mousse en regardant mon moutard tout transpirant faire du vélo, et engloutir cette mousse pour hydrater cette idée qui vient de passer... 

    Et de tout ces petits moments qui te font rester en vie. J'emmerde les séracs.

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  • Les sapins sont des cons

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    On m'avait parlé de ces forêts de par là-haut, plus au nord, et j'avais bien vu quelques photos de ces épicéas arc-boutés sous la neige au milieu des alpages cossus, de ces forêts noires qui courraient le long des pentes, pour aller se perdre "parmi". Alors je suis sorti du Mélezin, j'ai laissé la lumière continuer à y jouer, pour rejoindre les sommets de la Doron. Beaufort, Arêche, le Grand Mont, les Aiguilles de Presset, et biensur la Peirra Menta, bout de talus prestement décroché des Aravis par le coup de latte magistral d'un géant contrarié. Je ne doute pas que sa contrariété venait de l'accueil que l'on réserve parfois aux étrangers de passage au pays du Mont Blanc. 

    La Legette du Mirantin, tout un poême qui donne envie d'aller signer un sommet au si joli nom. Normalement, on n'y va pas tout de suite après la perturb, mais je ne suis pas du coin, je me fout des us et coutumes et j'encape la trace du téméraire qui a soufflé la première à des locaux un poil agacés, prompt à la critique et finalement bien frustré de s'être fait souffler la pente par une si belle journée. Je n'ai dis à personne d'où je venais, ni que mes amis vivent de l'autre côté de la frontière, histoire de ne pas créer d'incident diplomatique, on a assez d'enmerdes avec Donald.

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    Au sommet, pas même un bisolet pour nous aérer les aisselles, juste le soleil qui dore nos faces de bien-heureux. Dans cette partie des Alpes, le courant d'air vient plus souvent des skieurs moulés dans leur lycra et qui t'enrhument par deux fois dans la montée, là où nos patins de 115 leur ont tracé une autoroute californienne. On les laisse faire, on se mouche un peu et on laisse glisser nos peaux du mieux qu'elles peuvent à la poursuite de leur cure dents. Peine perdue. Faut dire qu'on n'a pas essayé longtemps, je me demande même si on a essayé...

    C'est à la descente que les 115 donnent la pleine mesure et se vangent, débridés et joueurs, limite on les entend couiner et narguer le local qui remonte pour la 3eme, voir la 4eme fois. Le savoyard aime remonter plein de fois dans sa trace, ça doit le rassurer. En les voyant passer, je me demande si le lycra m'irait... à essayer dans une soirée trans peut être.

    Nous sommes seuls au lac du Corbeau bien enfouit sous les cuchons de neige de cette fin d'année, nous collons nos peaux pour remonter au soleil et basculer vers la bière. J'adore ces sessions de fin de journée, la lumière est douce et j'ai comme une grosse envie de trainer. 

    On dépeaute enfin et on se laisse glisser vers Arêche le long des pentes qui jalonnent les épicéas. Par chez moi, on se serait étalé dans la forêt à la recherche de la plus belle ligne entre les arbres, mais ici tu oublies, le bois du coin est moins joueur que dans le sud. Du coup je me dis que les forêts ne servent que de décors, à faire des bans, des dessous de plat pour les raclettes, et à faire chier les skieurs. C'est décidé, les épicéas sont des cons.

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    Ce matin, j'ai comme une grosse envie d'aller voir la tête du lac de Roselend, les Aiguilles de Presset et tout ce qui nous entoure. On file plein O uest, dans l'ombre qui transforme la poudre des derniers jours en autant de feuilles de givre, glaciales et scintillantes, un plaisir pour les yeux, une goinfrade pour le ski, du moins pour le moment... On se fait soufler par une jolie collant pipette, et je trouve subitement le lycra beaucoup plus agréable à l'oeil, presque envie de voir ce que ça donne au toucher. Pour ça, il faudrait que je la ratrappe, mais là... bref. Les deux Pat collés dans mes traces, on se laisse tirer par la lumière sur la crête de Roche Pastrire, et le paysage nous éclate la pupille en technicolor. Putain que c'est beau ! Des pentes spéciales crusing à perte de vue, le lac allangui au fond des lignes, de la neige de rêve... Je retiens l'instant, pas envie de basculer, un peu l'éjaculateur précoce qui se dit qu'il faut qu'il se concentre. Mais je ne tient pas longtemps et on file plein Est à la poursuite de nos spatules, pour une descente qui te laisse croire que tu es champion de monde de descente dans la cake.

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    A la fin de la descente, j'ai apercu sont petit cul dans la neige, pas celui de ma cliente mais de ce lérot un peu perdu et pas très discret. Comme j'avais oublié mon casse dalle, je me suis dit qu'une petite brochette de rat me suffirait. Mais bon, juste assez pour l'apéro, et comme on n'a pas pris les bières, on le relâche et on taille la route dans l'autre sens pour aller jouer sur les arête de Pastrire, dans une atmosphère de fin de journée et une ouate transpercée par les derniers rayons. Je trace l'arête dans le givre, je distance mes deux lurons, je me perds exprès, comme une envie d'être seul, de sortir mon sac de couchage et creuser un trou, comme notre pote le lérot, et de me réveiller demain matin sur cette arête assez irréelle.

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    J'ai repéré un passage, au moins sur la carte, mais pas sur que ça passe. Alors au lieu de jouer les free rider à 17 h un mois de décembre sur une arête à 2300 mètres, je part devant pour ajuster le tir. Je zyeute, je scrute, je me penche et j'étire le cou, mais rien n'y fait, je ne vois pas si ça passe...fais chier. Je colle les lattes sur mon Réactor flambant et je remonte la pente en mode brasse coulée, et je débouche quelques minutes plus tard sur les spatules de la Patoche team.  Le brouillard nous gobe, la lumière se fait plus que rasante, on taille la route par en bas, dans une poudre qui n'a pas bronchée, au milieu des chalets ventrus qui rentrent les épaules pour soutenir un hiver comme ils n'en n'avaient pas vu depuis longtemps. 

    Quelle belle bambée chez mes potes du Beaufortain, au milieu de mes souvenirs, de sensation encrées, des alpages gras, des forêts cossues encore plus belles que dans les dessins de Samivel. L'hiver est encore long, je reviendrai.  

  • Grimpe à Kalymnos, l'île aux chèvres.

     

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    Mon scooter file sur le parfait asphalte de kalymnos et mon casque, plus près du bol de sangria que de l' Arai Shoei, tente de se faire la malle. Je couche ma bécane jusqu’à ce que les étincelles jaillissent le long de la carrosserie, Martine exulte et me gueule d’aller plus vite, que je ne suis qu’une guenille qui se chie dessus dans les virages ! Je pousse la poignée, la roue avant décolle, Martine aussi et part en drapeau derrière l’engin en furie. Je la rattrape par la tignasse, la plaque sur la selle, elle s’accroche à mes pec impeccables, ça la rend dingue et je broie la poignée pour faire cracher tout ce qu’il y a dans ce moteur, femme et mécanique rugissent. Je fonce et je sort les pieds pour savater les chèvres qui passent à portée de Santiag, et aussi deux trois grimpeurs  crados, presque aussi odorant que la bique du coin, mais tellement moins à l’aise sur la cailloux, même sapé en Prana. la route s’ouvre à moi, tel le Moïse des Cyclades, l’Atila du goudron !

    Et puis mon réveil sonne, je me décrotte les yeux, j’aperçois Pat  dans le lit d’à côté, enroulé dans ses draps, un nem pas frais oublié au fond du frigo. Je viens de comprendre que le rêve est finit…Pas grave, une nouvelle journée commence à Kalymnos, yehaaa !

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    Kalymnos il y a 15 ans, c’était confidentiel, mais depuis, on est passé au supermarché de la grimpe. Tout est fait pour te rendre la vie facile, que tu consommes de la varappe avec ses rayons « spot au bord de l’eau », « colo à gogo », « escalade facile » les show room « spot à l’ombre », « spot au soleil », « à-vue facile », « rocher de dingue »… Ici, tu fais tes courses en scoot, la truffe au vent, et quand tu sens le bon spot, tu balances ton 50 dans le talus et tu files grimper jusqu’à ce que le soleil te botte le cul. Les « peine-à-jouir » vous diront que c’est gras, que c’est sur-coté, que c’est surfait. Nous, on a trouvé ça dément ! Question d’état d’esprit, surement.

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    On s’est poncé les doigts dès le troisième jour tellement on a joué avec le soleil pour partir le plus tard de nos spots. Toujours les derniers partis, mais il faut dire qu’on était aussi les derniers arrivés. Encore une question d’état d’esprit. Alors on redescendait, on remettait nos bols de sangria sur la tête, et on filait rejoindre la gente grimpante et odorante dans les rades de Myrties ou Massouri pour écluser des pintes de Mythos qui nous rendaient nigauds.Une belle vie de sybarite, rythmé par le soleil, le choix des voies et la couleur de la bière.

    What else comme dirait George ?

    Première incartade dans les Cyclades pour toute ma troupe bariolée, avec l’envie d’en découdre, l’envie de s’en mettre plein les avant-bras, de revenir booster avant l’hiver G’nevois, quitte à avoir perdu ses premières phalanges. Alors je gère, et j’oriente toute le monde vers le plaisir, celui du geste, de la belle grimpe. On se fout des cotations qu’on laisse au fond du sac, on se goinfre de rocher comme les « mange-cailloux » de L’histoire sans fin, on se baffre des formes et des lumières. Et aussi du plaisir d’être là tout simplement, de profiter de ce luxe de nanti à deux pas des barquasses bondées d’exilés moribonds qui s’échouent sur les plages de Kos.

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    Les jours se suivent et se ressemblent, on prend le temps du petit dèj et du mug de café, calés au bord de la piscine. Et les équipes enfourchent leur scoot, sacs sur le dos, cordes calées entre les jambes, parés pour le road trip matinal, plaisir du voyage sur l’ïle aux chèvres. Et si on était un peu timides le premier jour, on a vite compris comment ça marchait ! Les longueurs s’empilent, les prises nous rigolent sous les doigts, le décors nous invite à nous poser au sommet pour profiter de l’instant, on engrange, en vrac, on triera plus tard.La vitesse de croisière est atteinte, tout le monde se lâche et cale ses petits chantiers, bidouille, essaie, se fait prendre, essaie de nouveau, et finit par enchainer sa longueur en tête, son graal du moment.Le message est passé, tout le monde kiffe et je prend plaisir à les voir jouer avec leur sensations, leurs émotions, à progresser, à être là, à jouer des coudes avec les Roastbeef.

    Une semaine d’escalade sur les calcites de Ghost Kitchen, à se tordre le cou dans Gran Grotta, à se faire chahuter la pulpe sur Telendos, à user de la gomme dans les longueurs et les virages de la crique d’Arginonta. Une semaine à se la couler douce sur les terrasses bruyante de Massourie, à choisir son pouascaille en core frétillant, à savourer cet incroyable Risotto à l’encre de sèche dans un resto improbable. Une semaine de sensations toutes en douceur.

    Du coup, je crois que je vais remettre ça …

    Un grand merci à Patrick et Audrey, la cool family, à Princesse léo, à Pat « oui mais », et à Martine dont l’échos des cris ricoche encore sur les falaises du bled !

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  • Nounours fait de la varappe

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    On a l'impression qu'il sourit, mais c'est nerveux, ses sphincters viennent de lâcher, les cordées de derrières ont appelées les secours.  Pensez donc, 20 ans qu'il n'a pas vue une paire de chaussons, et le voilà déjà en train de pendouiller à peine sortit du wagon lit. Mais quel talent ! On a commencé peinard, histoire de se remettre quelques sensations au bout des orteils. Et en matière de peinard, les calanques sont un must.

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    Un ami de 30 ans comme disait Chirac ! À user ses frocs sur les bancs des curés, ça crée des liens, et ça donne envie de se barrer au bout du monde, loin de ces cons. Le bout du monde, c'est aussi là, à deux pas de Marseille la grouillante. Et c'est là qu'Alex redécouvre l'envie d'être dehors, de se mettre le nez dans la lavande,  de bouger sur le cailloux. Un petit plaisir simple, avec un fond de musique genre Knacki Herta.

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    Après de belles longueurs en couennes, après avoir cosntaté que mon pote avait pris un poil de poids, on est aller tater du gaz, gentiment, mais bien assez pour lui. La paroi Noire, autant dire que le titre fait serrer ton anus, mais c'est loin d'être austère, c'est même plutôt au petits oignions, avec une kigne sympathique, des longueurs que l'on peut faire longues ou courtes à loisirs, et un g-final dément, tout ça sous l'oeil du port de Morgiou.

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    Et puis les Calanques, c'est le plaisir avant tout, le temps de vivre, un autre rythme, pour un monde à part. Mon pote Alex s'en est goinfré, histoire de repartir gonflé à bloc dans les brumes du Havre. Il est tellement guronzé que c'est en famille qu'il redescend pour une nouvelle session dans ce coin hors temps, hors nome. 

    A plus sur la corde.

  • EL DORADO TICINO, du 11 au 14 Septembre,

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    Du 11 au 14 Septembre, les plus beaux canyons du Tessin, EL DORADO TICINO ! 4 jours, petite équipe de 6 max histoire d'avancer, de la vasque en granit, un choix énorme, des sauts, du rappel, de la nage, la verticale dans le milieu aquatique, et que du bonheur. Le soir, comme d'ahab, on se pose devant une bière et on refait le monde, et aussi les plans du landemain.

    Toutes les infos sont là: Canyon ticinocanyon-ticino.pdf (862.03 Ko)

    Pour plus d'info: 06 81 37 24 43

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  • JC et Pacôme font de la varappe !

    The Attard connection dans les hautes Alpes. Enfin la moitié masculine, la partie féminine étant Out pour "chute depuis le hamac", autant vous dire que j'avais des doutes sur les capacités d'équilibre de la team masculine ! Pacôme et JC, une dream team haute en couleur, et si il est vrai que le gabarit de Pacôme le confine dans la catégorie crevette, il compense le peu de volume par une grande gueule, qu'il ouvre allègrement bien avant ses yeux, et il faut jouer des coudes pour lui eviter de prendre trop de place. En fait, il a une théorie sur tout. Il a surtout des théories.

    Sur quoi ? sur les fougères, les dinosaures, les gypaLètes barbus, le calcaire, les chemins, les racourcis, la raclette, la cuisson des oignons, le rôle de la femme dans la société, la pose des vélux, l'isolation thermique, les burgers, les plantes aquatiques, la belote, les drones, ma soeur, le pape, son coiffeur, laurent Cottaz, jimmy Hendrix, les Beastie boy, le cunis-lingus, les blondes, la physique quantique, nokia, le barbelé, les éponges, le vert, le bleu, le jaune, la hauteur des marches, la taille des gants, les bichons, les grands corbeaux, la cinquième république, les rouleaux triples épaisseurs, le post it, mes voisins, le crépi, la gouache, les pneus de 185/70/15, Nabila, le décoletté de Nabila, les photos de Nabila, l'avenir de Nabila, les vestes en duvet, la porcelaine, les vins espagnols, la foudre, le pin arolle, la survie de sa soeur, son talent, son genie. J'ai pris un tube d'aspirine, direct en suppo, même pas ouvert le tube. je pensais prendre quelques bouquins pour mes vacances, mais je vais plutôt trier mes notes et décider sur quel sujet faire ma thèse. 

    Bon, entre deux carnets noircis, on a grimpé ! Une belle journée de découverte et une grande voie aujourd'hui, en famille. Juste ce qu'il faut, juste avant la pluie, un timing au poil, une envie de recommencer, une belle découverte pour JC. JC ? c'est le mec caché derrière Pacôme, je crois que c'est son père.

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  • Voyage en Catiminie

    Je me suis barré en Catiminie avec Stellou. Elle est venue spécialement de genève, c'est qu'elle doit être amoureuse, je me sentais obligé. On a pris la Tonton mobile pour aller humer les saveurs d'Ailefroide après le déluge. La rivière garde les stigmates des pluies de mardi et les rives dévastées nous empêchent le short-cut. Qu'à cela ne tienne, on marchera pour gagner le pied de la voie. Personne, un petit vent automnale qui promet un grip de dingue. On défait le sac de noeud, je plonge dans mes chaussons, et je file, le cul bien au chaud dans mon petit futal millet , merci Isa ! 

    Ailefroide, j'ai un appriori, mais souvent je me fait surprendre par la qualitée des voies, et cette fois-ci encore, je me retrouve à me goinfrer comme un cochon, à me faire limer les phallanges par le granit impeccable, à enchainer de beau mouvements dans une première longueur des plus variée. C'est le pied et je me régale.

    Estelle connait les consignes: bien grimper, focus sur la pose de pied et la réspiration, on se fout de l'enchainement. Alors elle joue le jeu et n'hésite pas à se faire prendre, enfin je me comprends...

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    On passera notre journée à jouer entre le 6a et le 6a+, avec un ou deux pas plus durs, et on flirt avec son niveau max. Le juste milieu entre plaisir et perf, entre galère et progression, le taf du guidos que de savoir où aller. En plein dans le mille, et ça me rend heureux. Je taille la route dans une troisième longeur encore magnifique, le genre ou les bacs sont là où tu les espère. Stellou se pavane au relais trois étoiles, j'enchaine les mouvements , puis elle segoinfre derrière, quel pied.

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    Cette voie est incroyable, les conditions sont justes parfaites. Ce n'est pas gazeux, mais le vide pointe son nez quand on va jouer sur la lèvre du surplomb qui avance de quelques metres. Focus sur les pieds, grip est dingue,  mouvements limpides. J'ai envie de faire sauter les spits, plantés le long ces fissures qui réclament leur lot de Camalots. Ailefroide, c'est notre Yos à nous, mais ça manque cruellement de voies sur coinceurs. Pourtant, il ya de la place et cela s'y prète, mais les planteurs de spit sont bien trop rapides ! Pas grave, on continue et on se délecte à chaque nouvelles longueurs, toujours classes, et Stellou se régale, l'ésprit ouvert à ce qu'elle fait, à ce qui l'entoure, c'est la goinfrade.

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    Et puis une variante, plus dure, je la prend. Quelle bonne idée ! Un surplomb malin, des pieds acceuillants, un mini offwidth sur-protégé, ça enchaine. Stellou braille un peu et se sort les doigts, enchaine sans tirer, la classe. Encore une belle longueur, vraiment. Un petit crux pour la suivante, avec une dalouze plein gaz et un pas où il faut rester concentrer et ne pas se fourvoyer. Je tire encore 50 m et on sonne la cloche. Le cul posés, pas préssé, loin de tout, une vision du monde différente. Un pomme, un bout de casse dalle à la viande des grisons, et on file le long de la pente comme des petits insectes joueurs. Le nylon s'étire et nous retient, puis nous pose par terre, repus d'une journée magnifique. On est partie en Catiminie, on revient en fanfare. Merci Stellou !

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  • John John et Biscotte font de la varappe

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    Encore une star de MS qui débarque dans le jardin Haut Alpin pour s'essayer à la "varappe à main nue" comme dit Gérard Holtz. Cette fois-ci,  John et Marie ont délaissés bouteilles d'O2 et grosses spatules pour aller pendouiller sur la Quartzite de Rocher Baron. L'avantage de grimper avec des gens qui ont un cerveau, c'est qu'ils percutent aux jeux de l'équilibre, s'amusent et prennet l'essentiel de l'escalade à bars le corps : le plaisir !

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    Bon, côté spatule, les chaussons de john feraient presque penser à des DPS, mais c'est le jeu ma pauv'lucette, et cela ne l'a pas empêché de grimper dignement ! 

    On a commancé peinard, en moulinette dans le 4, grosses prises et grosses marches, histoire de prendre confiance et de s'habituer au vide, à la corde. Mais j'ai vite vu qu'il fallait passer la sur-multipliée et aller tâter de la belle escalade. Alors on a décalé et nous sommes allé tirer sur les boudinets,  chiader les placements,  prendre de la sensation sur les orteils, oser les mouvements moins accadémiques. 

    Et puis prendre un peu de gaz, histoire de voir la vie sous un autre angle et se laisser glisser le long du nylon. Trois longueurs ampilées, un peu de jardinage pour john, de nouvelles choses à apprendre... Ils ont adoré, alors j'ai adoré ! Merci d'être venue ceuillir les fleurs de cette journée au jardin ! 

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    Comme j'avais oublié mon appareil en bas de la voie, je vous met une photo de rappel. Peu de différence avec le notre...

     

  • La Rock Star et sa Blonde

    Dsc05252Il était là, tout près de moi, le prédateur maintenant rangé des bagnoles. La tempe grisonnante, la connerie en étendard, partie intégrante du bonhomme, son ombre. Que serait Thibo sans la connerie, un sale con ? peut être, n'empêche que je l'ai vue en train de pendouiller sur la corde, à essayer de poser ces bacs à géranium qu'il habore en guise de chaussons. ils sont tellement avachis que tu pourrais faire Saint Jacque de Compostelle sans craindre une ampoule. Le genre de chaussons avec lesquels tu peux courir, jardiner, cuisiner, regarder la télé, voir baiser sur le sofa, mais certainement pas grimper. Sauf lui. Mais je préfère mettre une photo de sa deuxième ombre, tellement plus jolie que lui. C'est Marion, c'est la révolution.

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     Marion et Thibo, de passage dans les Hautes Alpes, version short et string qui dépasse, tellement plus sexy, loin de la doudoune et du Bib Millet. Grimpe à l'ombre au programme, cachés dans le labyrinthe de la Rue des Masques, spot à la fraiche par cette canicule qui t'asséche. Une belle journée à les faire couinner, mais aussi à les voir bouger sur le cailloux, plutôt bien, en toute simplicité, loin de la perf. Envie de continuer, de tirer des longueurs jusqu'à plus soif comme à chaque fois que je grimpe. Envie de les enmener partout, de prendre de la hauteur dans une grande voie...la prochaine fois.

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    Et puis les avoir sur la terrasse, à siroter des bières pendant que la côte de boeuf (pas bonne d'ailleurs) se fait dorer la pilulle, les avoir au milieu de mon chez moi, avec mes mouflets, ma femme, Idrissa un jeune migrant en galère, la voisine et ses grandes jambes, bref, les potos en vadrouille à partager ces moments si bons. Ces petits instants que je vais ranger dans la boite à bonheur, à côté des autres, et que ressortirais les jours de disette, que je calerais au fond d'une dent creuse pour les siroter à souhait. Merci d'être là les amis ! Et merci d'avoir partager ces bons instant, Tim s'invente des histoires dont vous faite certainement partie, et Lynn doit certainement avoir finit son polar...

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  • La Rebuff' !

    10 ans que je n'étais pas retourné dans cette voie ! Quel pied d'y enmenner Léo et son genoux cagneux. Tout est là, de la fissure, du graton, de la dalouze, de la dulf, du spliter facile et ce putain de granit rouge ! Et en dessous de nous, une ribambelle de gus qui poussent leurs savates pour remonter l'arête de l'Aiguille du midi, en plein cagnard, le vomi à la comissure, à se demander pourquoi la téléportation n'existe que dans les mauvais épisodes de Star trek. On les regarde passer, dès fois on leur jette des pierres, Léo voulait leur cracher dessus mais je lui ai rapellé que d'ici peu, ce sera à notre tour de remonter l'arrête... Pendant ce temps, on se goinfre dans cette ligne historique à pousser au cul des cordés vaillantes mais bien trop lentes. Ça râle, ça couine, ça peste, mais ça n'avance pas. Du coup, je m'immice entre deux cordes et j'embarque Léo dans une remonté fantastique mais toujours diplomate, pour finir en beaux vainqueurs au sommet de la face sud. Comme on a décidé de faire les feignasses et de grimper légers, on se laisse glisser dans une succession de beaux rappels, histoire de revisiter la face et de récuperer notre matos au pied de la voie. Deux crevasses et une arrête plus tard, nous voilà installés sur une terrasse chamoniarde, à engloutir une mousse dévastatrice et goulayante. Une belle journée à la capitale du n'alpinisme histoire de gonfler Léo à bloc avant son passage au bloc. Toutes les photos ici: https://www.facebook.com/reynaldguide/posts/1388738201194844?pnref=story

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    Le granite Rouge de la face Sud, une t'ite longeur histoire de se chauffer avant le crux !

    Dscn0530Léo a passé le crux. il ne reste qu'à se goinfrer jusqu'en haut.

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    J'ai comme une envie de doubler tout le monde, de tirer des longueurs de 50 m, de me laisser filer le long de cette ligne majeur. Mais je reste tranquile et je profite du moment, Léo est au niveau, remonte les fissures et me rejoint au relais. On se pose, on tchatche, la vie est belle et prend une autre allure dès que l'on change de point de vue.

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    Dscn0554Mais bon, nos cordées de gentils grimpeurs du Lot commencent à accuser le coup, et finissent par se perdre et à se la jouer embouteillage sur l'A7. Alors j'embraye et je tire une longueur de 50 dans une belle variante en 6a. Léo reste digne, remonte cette belle fissure et finit pas une varaiante un poil dure...c'est pas grave, je sais faire les mouflages.

    20170717 112326Et là, y'a rien ?!

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    Encoooooooore !

    20170717 140131Sommet pour tout le monde. On laisse les cordées rejoindre la foule, nous on taille en bas le long de nos brins pour une glissade de 200m.

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  • Miroir, mon beau Miroir !

    Miroir mon beau miroir ! Le miroir d'Argentine, literalement "le miroir qui brille au soleil couchant, comme moi. Depuis le temps que je voulais trainer par là bas, c'est chose faite dans la Directe, en compagnie d'Audrey. 400 m de dièdre et de fissures, sur un calcaire surprenant, adhérent à souhait, au fissures mangeuses de Camalot. Trop court ! le genre de voie où tu as encore envie de grimper une fois au sommet. Et une fois là haut, la descente nous fait naviguer dans un océan, mélange entre préalpes Suisse, vert Irlande et sommets dentesques, un décor hors norme. Je suis fan.

    MiroirLe tracé de la directe, une belle balade surprenante, au milieu de la face. Et un final sur une arrête majeure.

    Fullsizerender 2Audrey dans le dièdre d'attaque, 4 longueurs bien montagne, des écarts, de la renfougne, et de belles écailles déversantes et prisues à souhait pour finir.

    Fullsizerender 7Ces le genre de fissure qui te fait ignorer les quelques spits en place et qui t'invite à placer toute ta gamme de friends ! magnifique et jubilatoire.

    Fullsizerender 3La corde tendue, une petite manipe qui te permet de tirer des longueurs de 100 m et de prendre de l'avance sur les cumulus qui pointent leur nez. 

    Fullsizerender 8Audrey au départ du dernier relais. Si le début n'est pas raide, la sortie est prisue à souhait, invitation à grimper encore et encore !

  • T'es sur que c'est là ?

    Putain, c'est où ?! Une demi journée à érer à la recherche d'un mauvais pilier qui s'averera être un tas, un replis vers une falaise qu'on n'a jamais trouver, pour finir à deux pas de la voiture sur la barre croisé le matin... c'est la vie. mais la belle vie quand même ! 

    Un clacaire de dingue, les pieds dans l'herbe, les vaches aguicheuses, what else ? Un superbe coin avec une grimpe magnifique.

    Fullsizerender 1une voie incroyable, taillée comme un bloc moderne, avec trois prises sur les quelles tu vas faire dix mouv ! de" tout'bôté !"

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    Img 3467ça change des phots de chamois , non ?!

    Img 3471Une petite posture de torero le Pat ...

     

  • Fondue land

    "Viens grimper dans les Gast !", une injonction de Patrick qu'il m'était difficile de refuser. Une semaine par là bas, au pays de la fondue, dans les préalpes Fribourgeoise, grasses à souhait, vertes et rondes, mais aussi sacrément raides ! Les Gastlosen, dorsale pétrifiée et acérées, aux cotations acérées elles aussi, aux styles variés, du wild à deux pas du Lac. La classe.

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    Une fois au pied, juste envie de faire toutes les lignes, d'aller se froter au calcaire, d'aller découvrir ce qui t'attend sur ce monument de l'escalade Suisse. Pas déçu, mais il vaut mieux être en canne pour éviter la rouste, on n'est pas dans la cotation consensuelle.

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    Et puis dans les Gast, ti grimpes partout, par toutes les conditions. Alors un tour face sud une journée nuageuse, dans les lapiaz tant ventés par Patrick. Pas déçu, et a encore, pose tes pieds et ne regarde pas la cotation sinon tu te mets au canevas. une belle leçon d'esclade sur un rocher majeur, avec un équipement qui sans bon le " mercurochrome", nerveux s'abstenir, c'est le nom de la voie qui nous fumera les molets et qui t'apprend à poser tes Sportiva ! la classe !

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  • Un retour d'Est dans ta face

    Premier retour d'Est de cette année. Résultat: 2m10 de poudre à 2000. Autant dire que les portes de chiottes étaient de rigueur et que les 65 au patins brûlent encore dans une cheminé de l'Échalp

    On se dit que finalement, sacrifier quelques vierges et clouer des chats sur des portes de granges, ça sert à quelques choses ! et que les ésprits chagrins ne me contredisent pas, j'ai mauvais caractère. Du coup, les dieux de la pow se sont enfin bougés le cul et ont mis le paquet, les plaques ont terminé le boulot en nous purgeant les faces comme qui rigole et en nous laissant un terrain de jeu enfin digne de ce nom. Et à croire que ces feignasses de divinitées ont trouvé le bouton "On", car ça repose depuis 3 jours, avec un passage par la sur-multiplieuse depuis ce matin ! finit les RTT devant les chips et la binouse, va falloir farter avec autre chose que du fromage à raclette et venir tater de la fôret de Mélèze et des spin drift dans les narines ! Allé, c'est par là, et c'est quand vous voulez.Img 2910Img 2841Img 2845Img 2935Img 2918

  • Rock'n Potes prend de l'altitude

    Une incursion dans le véneon, histoier d'aller pousser la neige fraichement tombée sur les Écrins. La team de Rock 'n potes est encore là, fidèle et souriante, comme à chaque fois. Un petit week end comme un rendez vous annuel avec mes ardéchois histoire de lancer ma saison estivale.

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    La neige est revenue après un isotherme à 5200 quelques jours auparavant. Le glacier de la pilatte a fière allure, les Bans emmergent du brouillard pour quelques rares instants. toute le monde gambade sur le glacier et sur la voie normale du gioberney, alors on fait les malins et on s'isole sur l'arête Est. C'est blanc, c'est beau.

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    Le Gioberney a fière allure et ne ressemble pas à un de ces tas de l'Oisans croulant sous les tas de cailloux. On remonte la neige, isolés par la ouate.P1230744

    "On n'enlève pas les crampons ?". Et non ! Une tite longueur en crabes pour mes poulets Ardéchois habitués au calacaire chaud et aux spits de 12. Ils vont réster dignes et sortir ce bout de longeurs, les boudinnets comme des mister freeze, mais la banane aux lèvres.

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  • bonne poilade

    On a remis ça avec les potos de MS. Du coup, Phil est venu. En fait, il a vue sur le mail des inscrit qu'il n'y avait que des nanas ! Pas folle la guêpe ! Il s'est douché, rasé sous les bras et le pubis, un coup de sent bon derrière les oreilles et hop ! Autant lacher un renard dans un poulailler ... fin énérvé le gaillard, j'ai été obligé de le calmer à coup de taser. Bon, la journée, il faisait moins le canard, ou plutôt le coq, à trimbaler ses raquettes qui glissent, son split quoi. Faut dire que le split, quand la trace de montée est une tranchée, ça coince un poil au niveau des chevilles, voir même au niveau de tout partout...bref, c'est nul. Heureusement que ça ne poussait pas au train derrière...ha si, Karlita avance comme un avion de chasse, et avec le sourire et une connerie à la minute. Que du bon. Et puis céline, la zenitude du moment, calme et digne dans son rythme, les diamir free ride de 8kilos à chaque patoune, doucement mais surement.

    Et puis une fois là haut, quel pied ! et quelle neige encore une fois ! Si le cleps est le meilleur ami de l'homme, dodo la saumure le meilleur ami de Straus Kan, Le Mélèze est bien le meilleur ami du rider ! après la locale biensur. 

    Merci les amis pour votre bonne humeur et pour vos bons moments de rigolade, encore une belle leçon.merci merci merci. 

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  • LA CARMINA, EXOTIQUE

    Ça claque derrière moi, et je regarde l'eau laver le vallon du Bout du Monde, juste derrière St Guilhem le Desert. JP est à l'abri des surplombs de la carmina, à jouer dans les bacs de la première longueur. Il y a 15 ans, nous avions déjà trainé nos cordes dans ces longueurs, les chevilles de 8 y agonnisaient sous la rouille et les plaquettes avaient vraiment une salle gueule.

    Aujourd'hui, les spit de 10 sont solides à souhait mais toujours loin,  un vrai piment à cette voie de caractère, jamais dure, mais tellement renversante ! Du gros bac sur lesquels il ne faut pas trainer sous peine d'avant bras comme des porte avions.  Et Plus on monte, plus c'est beau !

     

    Mon jp se délecte dans les longueurs, la corde pendouille au relais, la pluie s'ennerve mais ne peu plus rien faire, nous sommes à l'abri jusqu'au sommet tant la paroi déverse et nous protège.

    Et bientôt la grotte sommitale, aude au bivouac, férmée par un houx géant. On pose notre cul dans le sable avant de sortir sur le plateau. Pas une route, pas une antenne, un goût de Maroc à deux pas de Montpellier.