Grimpe à Kalymnos, l'île aux chèvres.

 

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Mon scooter file sur le parfait asphalte de kalymnos et mon casque, plus près du bol de sangria que de l' Arai Shoei, tente de se faire la malle. Je couche ma bécane jusqu’à ce que les étincelles jaillissent le long de la carrosserie, Martine exulte et me gueule d’aller plus vite, que je ne suis qu’une guenille qui se chie dessus dans les virages ! Je pousse la poignée, la roue avant décolle, Martine aussi et part en drapeau derrière l’engin en furie. Je la rattrape par la tignasse, la plaque sur la selle, elle s’accroche à mes pec impeccables, ça la rend dingue et je broie la poignée pour faire cracher tout ce qu’il y a dans ce moteur, femme et mécanique rugissent. Je fonce et je sort les pieds pour savater les chèvres qui passent à portée de Santiag, et aussi deux trois grimpeurs  crados, presque aussi odorant que la bique du coin, mais tellement moins à l’aise sur la cailloux, même sapé en Prana. la route s’ouvre à moi, tel le Moïse des Cyclades, l’Atila du goudron !

Et puis mon réveil sonne, je me décrotte les yeux, j’aperçois Pat  dans le lit d’à côté, enroulé dans ses draps, un nem pas frais oublié au fond du frigo. Je viens de comprendre que le rêve est finit…Pas grave, une nouvelle journée commence à Kalymnos, yehaaa !

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Kalymnos il y a 15 ans, c’était confidentiel, mais depuis, on est passé au supermarché de la grimpe. Tout est fait pour te rendre la vie facile, que tu consommes de la varappe avec ses rayons « spot au bord de l’eau », « colo à gogo », « escalade facile » les show room « spot à l’ombre », « spot au soleil », « à-vue facile », « rocher de dingue »… Ici, tu fais tes courses en scoot, la truffe au vent, et quand tu sens le bon spot, tu balances ton 50 dans le talus et tu files grimper jusqu’à ce que le soleil te botte le cul. Les « peine-à-jouir » vous diront que c’est gras, que c’est sur-coté, que c’est surfait. Nous, on a trouvé ça dément ! Question d’état d’esprit, surement.

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On s’est poncé les doigts dès le troisième jour tellement on a joué avec le soleil pour partir le plus tard de nos spots. Toujours les derniers partis, mais il faut dire qu’on était aussi les derniers arrivés. Encore une question d’état d’esprit. Alors on redescendait, on remettait nos bols de sangria sur la tête, et on filait rejoindre la gente grimpante et odorante dans les rades de Myrties ou Massouri pour écluser des pintes de Mythos qui nous rendaient nigauds.Une belle vie de sybarite, rythmé par le soleil, le choix des voies et la couleur de la bière.

What else comme dirait George ?

Première incartade dans les Cyclades pour toute ma troupe bariolée, avec l’envie d’en découdre, l’envie de s’en mettre plein les avant-bras, de revenir booster avant l’hiver G’nevois, quitte à avoir perdu ses premières phalanges. Alors je gère, et j’oriente toute le monde vers le plaisir, celui du geste, de la belle grimpe. On se fout des cotations qu’on laisse au fond du sac, on se goinfre de rocher comme les « mange-cailloux » de L’histoire sans fin, on se baffre des formes et des lumières. Et aussi du plaisir d’être là tout simplement, de profiter de ce luxe de nanti à deux pas des barquasses bondées d’exilés moribonds qui s’échouent sur les plages de Kos.

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Les jours se suivent et se ressemblent, on prend le temps du petit dèj et du mug de café, calés au bord de la piscine. Et les équipes enfourchent leur scoot, sacs sur le dos, cordes calées entre les jambes, parés pour le road trip matinal, plaisir du voyage sur l’ïle aux chèvres. Et si on était un peu timides le premier jour, on a vite compris comment ça marchait ! Les longueurs s’empilent, les prises nous rigolent sous les doigts, le décors nous invite à nous poser au sommet pour profiter de l’instant, on engrange, en vrac, on triera plus tard.La vitesse de croisière est atteinte, tout le monde se lâche et cale ses petits chantiers, bidouille, essaie, se fait prendre, essaie de nouveau, et finit par enchainer sa longueur en tête, son graal du moment.Le message est passé, tout le monde kiffe et je prend plaisir à les voir jouer avec leur sensations, leurs émotions, à progresser, à être là, à jouer des coudes avec les Roastbeef.

Une semaine d’escalade sur les calcites de Ghost Kitchen, à se tordre le cou dans Gran Grotta, à se faire chahuter la pulpe sur Telendos, à user de la gomme dans les longueurs et les virages de la crique d’Arginonta. Une semaine à se la couler douce sur les terrasses bruyante de Massourie, à choisir son pouascaille en core frétillant, à savourer cet incroyable Risotto à l’encre de sèche dans un resto improbable. Une semaine de sensations toutes en douceur.

Du coup, je crois que je vais remettre ça …

Un grand merci à Patrick et Audrey, la cool family, à Princesse léo, à Pat « oui mais », et à Martine dont l’échos des cris ricoche encore sur les falaises du bled !

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