UBAYE LA SAUVAGE


Rendez vous à 10 h, le genre d’horaire à faire chialer un cafiste. Normalement à cette heure là, il est déjà en train de faire son compte rendu sur skitour.  Mais c’est l’horaire qui va bien à mes ouailles. Faute de bar ouvert, j’ai apporté des croissants, des bugnes bien grasses et un thermos de café. Posés sur le parking de Larche, à deux pas du col éponyme, on se retrouve pour 3 jours de bartasse plein sud. 

Après le kawa, on essuie le gras des beignets sur nos gore tex, et on saute dans nos pompes pour aller se perdre au coeur des montagnes Ubayennes. Bon, avant de partir, je prends quand même deux secondes pour retailler les peaux de Guigui. Il vient de le faire sur le parking, avec une machette ou un râteau, je ne sais pas, mais je comprend mieux la coupe de cheveux de ses gosses.


En ce moment Larche ressemble à un bled Russe. Des chiens errants, du consanguin derrière ses rideaux et des camions qui s’engouffrent sur l’Italie. Sexy comme une fin de criée à Lorient. De notre côté, on remet un peu de couleur dans cette terre tristoune, une pub Benetton ce groupe . Mais on se casse vite avant qu’on nous jette des pierres.

Juste au dessus de nous, ça sent l’aventure et la trace de loup, rien de tel pour me mettre la banane. Tout le monde est content d’être là, bavasse avec le voisin, sourire aux lèvres et envie dans les cuisses.  Moi je suis heureux de retrouver mes habitués. Et Guigui. Ça faisait longtemps. La dernière fois, je l’avais débarqué sur un quai désert au find fond du Finnmark, entre une algue et un crabe crevé. Obligé de nous quitter avant la fin du séjour pour une histoire de boulot qu’il disait. En fait il avait rendez vous chez son gyneco. Mais ce matin il est là, et ça me fait très plaisir de partager la neige du sud avec lui. Avec les autres aussi, pour sur, mais eux je les vois plus souvent !












Bon, je ne peux pas dire que les 300 premiers mètres de neige font dans le Japon côté qualité. On est plus dans la polenta que dans le sushi. Mais au dessus par contre, on fait dans le pas mal, voir dans le tout bon. Du genre poudre sur fond dur et mélèzes plantés juste comme il faut. Ça sent bon le virolet joyeux. Plus on monte, meilleur c’est, un avant gout de nos trois jours d’exploration, mais on ne le sait pas encore.

L’Ubaye c’est 7000 habitants pour 1000 Km2, pas vraiment le RER B à 18 h côté populace. Et le reste de l’année il doit y avoir 100 moutons par habitants. On comprend mieux les goitres du col de Larche. On s’attend presque à entendre bêler les vieux du coin… Alors avec ça, pas compliqué d’être seul et de faire sa trace !


Si les conditions sociales sont difficiles à gérer par les temps qui courent, la nivologie ne fait pas non plus dans les gros rires. Le guidos n’est pas à la fête pour concilier bon ski, sécu et originalité. Alors à force de jouer à tetris avec le planning, à gérer les « je viens, j’viens plus, j’ai chiqong », à décortiquer les bulletins météo et angoisser sur data avalanche, je me suis dis qu’il fallait suivre son pif. Et là d’aucun diront que je suis bien loti, mais je ne leur permet pas, et c’est moche de se moquer du physique. Et faites gaffe, j’ai les noms !


Et mon blaze a vu juste. Je vais même lui arranger le bronzage pendant que les Savoies pleurent leur poudre disparue sous des trombes d’eau. Heureux quoi.


Et pour des joueurs de poker, on a une bonne main. On va miser tout du long, jusqu’à faire tapis pour la troisième journée, et rafler la mise. Que du bon, dément.



Et puis l’Ubaye, c’est exotique, y a pas à tortiller de la spatule. C’est grand, c’est raide, c’est varié. Et c’est beau ! Putain que c’est beau. Je le savais, mais là je le vois sur la rétine des amis qui partagent la trace et qui se jettent dans les pentes qui leur sont réservées. Le privilège de la montagne hivernale, une saveur d’exploration à la montée, le goût de la première à chaque descente. L’équipe est partante pour la découverte, alors on va quadriller le territoire à la recherche de la poudre sans trace, du décors inconnu, du sommet qui attire. Mission remplie, cuisse rassasiées.


Les journées se terminent comme le séjour à commencé, sur un parking plein sud, au bord d’une fontaine en marbre rose, une bière bien fraiche à la main. À peine rentré dans les baskets que la journée se revit et que les images de l’hermine qui passe, le chamois qui se casse ou de l’entrée dans le couloir, le tout entre une goulée de binouse et une poignée de chips. 
 
On se promet de revenir et d’aller voir la pente aperçue au loin, le sommet qui dépasse tout là bas, comme une idée d’un autre projet, d’une traversée au long court ou d’une pente aguicheuse… La prochaine fois, c’est sur, la prochaine fois…

 

Un grand merci à Patrick Bovey, Patricia Luthy, Laurent Laborie, Bertrand Verlach et Guillaume Sallaberry. 

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Pope and Co, Escalade dans les Météores - Sept 2020

Retrouvez les photos et les voies parcourues durant ce roc trip  en cliquant ici

Si celles du curé de Camaret pendouillent un poil, celles des popes du coin  sont bien accrochées,  et je parle de leur soutanes bien entendu. Il faut dire qu'il ne fait pas bon s'emmêler la spartiate dans l'ourlet à l'heure d'aller sonner les vêpres, sous peine de finir plat comme une peau d'ours au pied d'une tour.
Bluffant, ahurissant, surprenant, envoutant...
Construire de tels monastères au sommet d' improbables bitards de poudingue inspire un sentiment encore plus fort que le respect, quelques chose de mystique. La foi soulève des montagnes paraît-il, et il en faut un paquet pour qu'un maître d'oeuvre ait envie de jouer de la truelle par là haut. "Bon les gars, on va faire deux trois murs,  un petit complexe patio-spa-église-dance floor,  un truc sympa et discret. On pourra mettre le volume à bloc sans que personne vienne nous titiller le chapelet. J'le sent bien !".  "T'es sur Dimitrios, parce que là j'me dis que bon, si la vue est sympa, ça manque un peu de place pour se garer, et ça va être coton pour se brancher sur le secteur, non ? et puis t'a pas peur que y en ai un qui cubèle par dessus la balustrade les jours de beuveries ?".
Le moine Grec construit aérien, si , on ne peut pas lui enlever ça. Et puis attention, c'est droit et il n'y a rien qui dépasse, du beau boulot.  Autant il est sappé comme un plouc, autant il est de bon goût côté enduit.
Rêver sur les clichés trouvés sur net donne envie d'aller te faire tester à laéroport. Et vivre ça en live à chaque relais te fait vite oublier la fouille nasale.

Grimper dans les Météores est dans la "to do list" de la plupart des grimpeurs, du moins de ceux qui passent plus de temps à user leur peau dans de mauvais dièdres que sur du plastiques sous néon . Et il est important d'avoir  passé du temps à écumer des voies faciles et engagées avant de vouloir trainer sur les patates du bled, sinon c'est un coup à rejoindre le pope au pied de la tour.  Quand tu cherches le premier point à la jumelle, tu ne grimpe pas serein mais au moins tu grimpes léger. 3 à 5 points par longueurs de 40 m n'encombrent pas le baudrier. Et côté tirage t'es peinard. 

Certes ça engage, mais c'est plutôt malin. Après quelques longueurs tu te surprends même à ne pas mousquetonner le spit tout neuf ajouté il y a peu, on se dit même que s'est dommage de trouver ça là. 
Les voies ont du caractère, celui d'une époque où planter une protection se faisait à la barre à mine en équilibre sur deux galets. Dans ces moment là, tu deviens économe, forcément. Et puis il faut dire que dès que ça se redresse, l'espacement entre les points diminue et les friends trouvent leur place au fond des dièdres. Une ambiance terrain d'aventure, un petit avant goût de la Jordanie, entre les dômes, l'odeur de la mélisse que l'on écrase au détour d'une marche bédouine, à l'interieur d'un des innombrables corridor qui se faufilent au pied des tours. On est au porte du moyen Orient, on flirte avec le changement de civilisation, et ça se ressent.

Après 3 jours de grimpe bon teint, mes deux larons sont guronzés pour visiter l'incroyable pilier de Traumpfeiler, 9 longueurs qui se découpent dans le ciel, une rampe de lancement pour une vue et une escalade incroyable. Le lieu a été immortalisé par Bérault et Cordier, évoluant dans la charpente d'une prison construite par les moines à 50 m du sol, au beau milieu de grottes surpombantes, dans un film des années 80, esthétisant "à muerté". Un endroit irréel, une construction ahurissante, inquiétante, et deux grimpeurs entre la danse et l'escalade, bien plus à l'aise sur leurs appuis que devant la caméra.

Mes deux Patoches font bonne figures devant l'objectif et dansent eux aussi sur les galets qui se redressent, voir qui poussent un petit peu dans le dos. Bon, quand je dis qu'ils dansent, on n'est pas non plus à l'opéra de Paris, on se rapproche plus du bal des pompiers, mais l'idée est là, et on se régale dans cette ligne de patates mémorable.

Tout les jours, l'arrivée au sommet nous régale. On ne se lasse pas de découvrir un nouveau point de vue sur ces forteresses suspendues, et on bade sur les dômes, jamais bien pressé de partir, jusqu'à ce que l'image d'une bonne grosse glace 3 boules se dessine sur nos rétines et nous pousse vers la civilisation.

J'ai adoré les descentes ! Entre mini voie bedouine, rappel plein gaz dans des lignes que tu veux immédiatement remonter, parcours en baskets au milieu des figuiers et des mûres, troglodytes encombrées de figurines pieuses et de coulures de bougies dévotes. C'est magnifique et à chaque fois un voyage différent.

On se finit sur Egg Dance. Un pas gonflé entre deux tours vraiment trop écartées l'une de l'autre, une autre longueur en mode solo parce que je ne sais pas lire mon topo, et nous voilà pile poil à l'heure où le décors se fond dans le rouge. Génial ! Les frontales vissées sur les casques, on attend que le soleil se casse et on glisse le long de deux magnifiques rappels plein gaz , qui nous déposent au sol aussi doucement que la lumière s'en est allée.
Fin de mission.

J'aime la Grèce, vraiment. Facile, paisible et envoutante, le régal du grimpeur voyageur. Pas envie de partir, et j'ai déjà les plans pour l'année prochaine.

Merci à Patrick et Patricia, toujours là dans les bons plans, toujours content de trainer dans une fissure, ou de m'attendre pendant que je cherche une hypothétique descente ! Merci pour ces moments où la vie a une tout autre saveur.

Et si l'envie vous dit de trainer sur les galets des Météores, contactez moi !



À tout bientôt sur la corde !

 

Un chouette coup de main d'ALGORIGIN

- 4° ce matin. Ça pique un petit peu pour une mi Octobre dans cette partie des Alpes. Je veux dire celle où il fait beau et sec, pas celle où le lichen pousse sous tes aisselles.
Un petit feu, un bon café, et un tour à la boite aux lettres pour y trouver le petit cadeau de la journée, celui qui va m'accompagner pendant quelques semaines.

Je passe sur le billard dans quelques jours. Rien de bien méchant, un bout de ménisque récalcitrant, du cartilage qui accuse le coup après ces dizaines de milliers de mètres de dénivelés, la vieillerie quoi. Bon, tant qu'à y être, je me fait aussi retendre les fesses et botoxer les pecs, mais chut !

Comme je ne suis plus tout jeune, même si ce physique impeccable tend à faire croire le contraire, je ne suis pas contre un bon coup de main pour récupérer et  être sur les skis le plus rapidement possible. Algorigin me propose une cure d'Afa Klamath et d'Elixire de Spiruline. Les hauts Savoyards me conseilleront certainement de balancer ça au compost et de faire une cure de fondue, voir des emplâtres au rebloch', mais c'est parce qu'ils se sont habitués au pied bot. Je vais quand même suivre les conseils de
Renaud LANGEL et de l'équipe d'ALGORIGIN.

L’AFA KLAMATH est une algue  particulièrement dense en nutriments, vitamines et minéraux. Elle permet d’augmenter la capacité de réparation de l’organisme et à un effet bénéfique sur l’humeur, et là c'est ma femme qui se réjouit. Elle contribue à la réparation cellulaire et à la libération de neurotransmetteurs. Et surtout elle favorise la production de cellules souches pour une cicatrisation rapide et efficace.

L'ELIXIR DE SPIRULINE Extrait concentré de phycocyanine, le pigment bleu de la spiruline. Une excellente boisson de récupération.
Il aide au fonctionnement normal du système immunitaire
( modulation en cas de virus ou d’allergies )
Et aide à la préparation et à la récupération du sportif ( pour en savoir plus, voir le Programme Sport ci dessous ).

Pour toutes les infos sur les algues et leur bienfaits, faites un tour sur le site d'ALGORIGIN

ALAGORIGIN EST AUSSI PARTENAIRE DE MELTINGSPOT,
et propose des tarifs préférentiels aux adhérents !

À tout bientôt sur les lattes !







Renat, tu crois qu'il va pleuvoir ?...

Un beau week end en Ubaye: Sud-Sud Est à la Pierre André 200 m TD- , et traversée des Gélinasses D- 

- Mais nooooon ! Mon expérience et mon instinct de graaaaaaand guide  me disent que nous sommes peinards jusqu'à demain matin.
Quand le première éclair est venu jouer du stromboscope avec nos rétines quelques minutes plus tard, et qu'on a bourré toutes nos affaires de bivouac dans nos sacs, en mode ex-filtration de la zone de combat, ma réputation en avait pris un coup. Les quolibets n'ont pas tardé à suivre, mais ça c'était pour le rythme à 800 m heure que j'infligeais aux filles pour passer le col de l'aiguille Large et éviter de se faire griller. Enfin je dis ça, je n'entendais pas leur insultes, elles étaient bien trop asphyxiées pour la ramener de toutes façon ! Je me suis quand même tenu à distance  des jets de pierre, en mode survie jusqu'au bout quoi...
Passé le col, une quantité non négligeable de loupiotes en tout genres migrait tout aussi surement que nous en direction de l'abri le plus proche, ou le moins loin dans notre cas, le bivouac Marinet. Un joli tas de pierre étanche, mais bien trop petit pour accueillir ce troupeau de migrants. C'était beau, on aurait dit une descente au flambeau de l'école de ski de Risoul, en plus raide. Risoul c'est trop plat, ils sont obligés de faire leurs descentes aux flambeaux depuis les télésièges pour qu'on les voient dans une pente. Bon bref...
On a bien galopé, sous l'oeil rieur de quelques bourricots restés au col, pas affolés pour un sou par les coups de boutoirs des rafales colériques et des éclairs qui jouaient aux fléchettes à deux pas de leur sabots.
Si la descente était plus cool côté cardio, on a qd même taillé la route sans se retourner, c'était grosse baston derrière nous, pas beau à voir.
Une bande de joyeux randonneurs nous attendait à la porte du cabouin. On avait échappé à la pluie, personne ne s'était fait griller les miches, on avait le tee shirt sec et l'âme rieuse, mais eux avaient eu peur pour nous. Quelle belle attention ! 

C'est à eux qu'appartenaient ces jolies loupiotes sautillantes qu'on voyait de là haut. Eux ont eut si peur de l'orage, qu'ils ont abandonné tentes, matos et mouflets pour venir se planquer dans l'abri de fortune, avant de s'en faire déloger par un gros con qui se croyait au Carlton, bien étalé en étoile de mer sur le bas flanc. Ce genre de blaireaux con-sanguin qui se prend pour Messner par ce qu'il a un opinel et des Meindel, bien encarté au CAF et à la société de chasse de son bled. Son slogan: "mon père c'est mon oncle ". Un bon coup de pied au cul et une grosse gueulante son resté bien sagement rangé dans mon sac de frustration, mais c'était tout juste...La prochaine fois, c'est promis.
Alors avec les filles, ont s'est posé sur le gazon d'alpage, sous un ciel soudainement étoilé, on s'est enfilé dans nos duvet - chacun dans le sien bien sur - pour se laisser manger par le sommeil après cette course poursuite qui nous avait aussi surement entamée que notre sommet de la journée..
Au petit matin,  le reflet du glacier fossile de Marinet a accueillit le ronron de notre réchaud et les étirements des belles en pleine offrande au dieu Ra. On a vu passer Messner au pas de course, le regard aussi fuyant que le grip de ses savates.
De notre côté, on a pris le temps de ranger nos affaires, de profiter du soleil sur nos carcasses, du café au bord de l'eau, de la vie quoi. 
Il ne nous restait plus qu'à retraverser et rejoindre notre matos, pour encaper sur la traversé des Gélinasses, un oeil sur les nuages qui trainaient par là, mais mon instinct et mon expérience me disaient que tout irait bien....

Une fois de plus, Evelyne, Martine et Elise sont restées dignes dans leur jolis shorts. Merci les filles, toujours un plaisir de passer ces journées avec vous !

Et à tout bientôt par là !

Délit de Fuite - Pointe de Dran - Haute Savoie

TD , 6a, 350 m 11 longueurs, un must

J'ai bien essayé de les retenir mais l'envie était trop forte de jouer au lézard sur le calcaire haut savoyard, surtout après ces deux mois au placard. Toujours aussi classe, varié, long, avec une descente de toute beauté le long du canyon sommitale, un appel au bivouac. Une bien belle journée de varappe à mains nues.
Avec Max et Quentin

Escalade à Ailefroide et au Ponteil
Déjà au téléphone, Camille m'a semblée toute cool, et ça ne s'est pas démentit une fois au bout de la corde. 3 belles journées ensemble dans le vertical haut alpin. Une alternance de granite parfait et de calcaire au saveur marocaine. 

27 Juin- Que la montagne est belle !

À vagabonder de spot en falaise, cette semaine d'escalade avec Patrick et Antoine ne m'a pas donné envie de rentrer à la maison. Non pas que je ne m'y sente pas bien, au contraire, mais c'est que le mois de Juin est certainement le plus beau de l'année pour y étirer nos errances. Écarter les fleurs pour trouver son chemin est un plaisir sans nom. Compter les nuances de vert du haut d'un relais est un luxe peu commun. Finir nos journées au bord du lac, binouse à la main est une base. Jouer à qui se couchera le plus tard avec le soleil est un petit jeu plaisant.
Les montres sont restées au gousset et c'est au rythme des piafs que nous nous sommes levés, jamais bien tôt. Puis nous avons fait le tour du proprio pour voir d'où la vue était la plus belle, en mode approche en tongue et relais confort. 
Pas facile de choisir... 

Un petit roc and road trip Hautes Alpes, de Villar d'Aréne sous le l'oeil de la Meije, au grandes voies de l'Ubaye, tellement exotique. Au milieu, on s'est calé dans les champs de fleurs de la Vallouise, sur le granit d'Ailefroide, et au pied de l'incroyable paroi des Militaires dans la vallée étroite.
Et comme d'hab, j'ai des photo des casques de mes gus, en traversée, sous le relais, de près, de loin, en contre plongé, de droite, de gauche... bref, une vrai pub pour Petzl faite à l'Iphone 5, une qualité irréprochable quoi. 
Alors plutôt que de voir encore ces photos, j'avais comme une envie de vous plonger dans le décors du moment, plein de couleurs et de saveurs, d'envie de prendre son temps, de croiser les bras derrière la nuque et regarder filer les nuages, une herbe au coin de la bouche. 

À tout bientôt sur la corde.

Renat

17 juin  
RAIDE VIVANT - Paul Bonhomme
Editions Guerin

Il y a des bouquins que l'on attend. 
Quand Paul m'a envoyé le sien, numéroté et dédicacé, j'ai attendu le bon moment et le bon état d'esprit avant de plonger dedans et d'y dévorer ce qu'il nous offre. 

Je n'ai pas trouvé d'autres mots à partager que ce que je lui ai envoyé hier soir du fond de ma piaule.

"Salut l'ami.


Pour la seconde fois, je referme ton livre. Deux fois est un minimum. 


Je l'ai lu d'abord comme on avale la première gorgée de bière à la sortie d'une voie du Verdon. La gorgée qui désaltère, celle qui pose et qui permet d' apprécier les saveurs des prochaines . 

Et puis je savais que j'allais le relire quelques temps après, patiemment cette fois ci, avec de quoi prendre des notes. 


À la lecture des extraits sur le net, je voulais savoir quoi tirer de tes écrits. À la vue de tes réalisations, je disais à qui voulait l'entendre qu'après la recherche, tu étais passé à un stade supérieur que cette confrontation avec la limite. Et c'est qui ressort de ces pages, bravo mec. 

Un livre où la montagne n'est que le support de quelques chose de plus grand, loin d'un livre de montagne, mais ça tu le sais.

Je me suis régalé à prendre des notes de tes citations à droite à gauche, ces résumés cinglants que bien d'entre nous aimeraient faire jaillir sur le papier pour y coucher ses sentiments. C'est ce que j'aime aussi dans les écrits de Tesson parfois, la petite phrase qui va bien, l'aphorisme malin. Et forcément les tiens me parlent, doivent parler à plus d'un alpiniste, grimpeur, guide, ainsi que tout ceux qui vibrent un peu plus que les autres au touché d'un calcaire ou au creux d'une courbe.


J'ai passé de beaux moments à tenter de ressentir tes mots, ton état, à rechercher dans ma propre expérience ces instants là, à relire encore la phrase jusqu'à ce qu'elle distille son message et son émotion.

il faut aussi être courageux  pour se mettre à poil et se livrer aux autres. Une grande qualité que j'aimerai bien voir plus souvent dans nos milieux, qui nous permettrait d'être à notre place en toute conscience et nous garderait en vie.

 
Un grand merci pour ce don ! 

Au plaisir d'en griller une au relais ou sur une terrasse.


la bise


Renat"

21-23 Mai
PLUS PRÈS DE TOI MON DIEU !

Déconfiner à Ceüse un week end de l'ascension, c'est rester dans le thème de Dieu, celui de varappe à mains nues pleines de cake. C'est aussi se rapprocher de ces innombrables disciples montés en pèlerinage, troquant leur croix en bois contre une belle tenue Prana et celle du rêve de faire des croix plus légères sur le nouveau topo. 
Si il y avait un peu moins de monde comparé à la masse grouillante tournant autour du caillou de la Mecque, on était quand même loin de l'hermitage du fin fond du Népal, et c'est sur le cailloux qui ça grouillait, encore plus aux piedx des voies. 
En général, ma conception du "beaucoup de monde" va 
jusqu'à 8, voir 10 les jours où je n'ai pas mes règles, et de "putain fait chier, on se casse !" à 15, et ça quelques soit la météo, mon état d'esprit ou les résultats du cac 40. Là, on était dans l'exode de masse, les Aoûtiens sur la national 7, la migration des Zébus vers le point d'eau.
Vu l'état de mon marmot qui s'est coltiné la marche d'approche, sans oublier de nous péter les rouleaux, ( bravo mon TimTim, 600 m à 8 piges, sous le cagnard, avec des basket de lépreux, ce n'était pas gagné...)  je vais quand même faire quelques longueurs avant de péter la gueule à un lyonnais qui l'ouvre trop. Et puis il y l'ami Laurent Girousse, l'équipeur-ouvreur  du moment qui nous attend au pied des voies, alors il s'agit de faire bonne figure et de rendre hommage à son accueil et à son boulot.
Et on est à Ceüse merde ! C'est comme si les culs bénits de passage à lourdes n'allaient pas s'acheter leur fiole pour cause de foule à la caisse, il faut que je me ressaisisse !

Avant même de grimper, tu sais que c'est un endroit unique par la qualité du cailloux, la beauté des lignes, par les voies historiques qui la jalonnent, par l'espacement des spits. Quelle falaise bordel ! 
Comme à chaque fois, je me sens tout petit, intimidé, je sais qu'il va falloir refaire ses marques, rester humble et concentré. 
Pas de croix aujourd'hui, pas de chantier, en garder sous le pied et  juste aligner les "beaux mouvements sur fond bleu", et éviter les errances entres deux points.
Lolo nous drive dans les lignes à suivre, équipées par ses soins, toutes neuves, 40 m d'un cailloux parfait. Il vieillit le Lolo, alors les points se rapprochent et on n'est pas vexé ! 

Dément, rien à redire, de la balle, top qualité, on ne grimpe pas dans un talus de bord de route.
Dès que tu quittes le sol, la ligne sans un défaut t'aspire jusqu'au relais. Plus tu montes plus la qualité du cailloux monte avec toi, limite une demi molle quand tu arrives au relais, vite remise à sa place par la perspective de se transformer en steak tartare si tu te la colles sur la râpe à fromage XXL que tu viens de grimper. Rester concentré...

Vu de là haut, tout le monde se régale à déchiffrer les énigmes du calcaire, à profiter de la vue du Sirac au Ventoux, à laisser les contraintes tout en bas, à se gaver d'un oxygène et d'un espace qui' s'était réduit à peau de chagrin ces dernières semaines.
J'ai apprivoisé la foule, ou plutôt mon ressentiment envers elle. Il faut dire qu'elle s'est bien tenue aujourd'hui et que la fermeture des frontières nous à épargné les Espagnols "dreadeux" et  leur clébards pouilleux pissant allègrement sur le matos au pieds des voies.
Mais à 19 h, j'ai mon stock de tolérance au plus bas, alors je laisse les potes et je redescends tout seul, sans oublier de me retourner sur ce lieu unique, rempli de rêves, de lignes magiques et d'une partie de l'histoire du petit monde de l'escalade. Comme d'hab, je me dis qu'il faut que je revienne, plus affuté, avec plus de temps...
Vivement le prochain confinement.

Un grand Bravo à Laurent Girousse, qui nous a accueillit dans sa turne au plus près de la falaise. C'est simple, c'est la dernière, un peu la "maison bleu au sommet de la colline", un rêve. Elle était pour lui celle-là, pour personne d'autre.
Si c'est son kiffe d'équiper des longueurs, c'est un cadeau pour nous tous qui venons y essuyer nos semelles.
Grand merci mon pote pour ce super job, pour ton énergie, pour le partage, c'est la classe ! Et c'était trop bon de siffler ces fonds de cave avec toi !

Alors pour éviter de "pouiller" de tout les ouvreurs en géneral, et par la même de gâcher vos cartouches d'encre à photocopier des plagiats, vous pouvez acheter le très beau topo de Ceuse en cliquant ici.

Et puis si le coeur vous en dis, je vous guiderai avec plaisir sur ce calcaire de dingue et dans ces lignes magiques.

À tout bientôt !




20 Mai

Tout beau tout chaud !

Coupons aux fantasmes avant que les esprits ne s'échauffent, ce n'est pas de mon corps huilé et sculpté dont il est fait allusion dans ce titre, bien qu'il conviendrait à merveille pour évoquer cet outil de travail et de plaisir,  mais bien de mon nouveau site.

Les esprits chagrins à qui je viens de gâcher un début de soirée plein de promesses, pourraient me supplier alors d'y adjoindre nombre de photos avantageuses dans une rubrique "ET PLUS SI AFFINITÉ", histoire de pallier à la déception. Voir même de publier un calendrier en mode "dieux du stade", mais non. Je range ça dans la boîte à idées et promet d'y réfléchir, mais c'est un non négatif !

C'est du site dont il s'agit. Un site qui n'a pas finit sa croissance, un pré pubère qui va murir et se bonifier au fil des semaines, s'enrichir de vos retours et des photos de nos sorties, des sensations de la journée, de vos perfs, de nouvelles idées qui font envies...Un site pas finit quoi. Pourquoi sortir un site encore en construction me direz vous ? Et bien parce que tout n'est pas d'actualité, parce que je vais grimper entre deux rubriques, et aussi parce que vous présentez bien vos gamins à qui veut les voir alors que eux non plus ne sont pas finit.

L'idée de ces pages est de promouvoir seulement ce que j'aime, ce que j'ai envie de partager, ce qui me fait me lever le matin : le plaisir de l'équilibre sur du calcaire sculpté,  et celui de dévaler une combe après un cuchon de poudre
Et puis c'est tout, et c'est déjà pas mal. 
Du coup, loin du bal les grandes marches dans la neige à courir après l'horaire, le Mont Blanc et sa cohorte d'agonisant, la Barre des Ecrins et ses séracs à la cons, et puis aussi tout ce qui me saoule. Je préfère bouffer des patates que le menu soupe-tomme-boeuf-bourguignon-coquillettes d'un refuge grouillant, et choisir où user le cartilage qui me reste.
 

PLAISIR !
C'est le maitre mot, l'idée étant de vivre de mon métier au plus près de mes aspirations et de mes compétences, d'aller au boulot avec la grosse banane, sans regarder ma montre.

Alors je vous laisse fouiller dans la rubrique GRANDES VOIES il y en a bien une qui conviendra à votre style.
Je vous laisse tourner votre map monde, il y a bien une DESTINATION OÙ ÇA GRIMPE, OÙ ÇA GLISSE, qui vous fait vibrer, et où je peux vous guider.
Je vous laisse flâner de temps à autre dans la GALERIE pour prendre le soleil et vous évader.
Je vous laisse trainer dans les news pour rigoler un peu et trouver les fautes. Facile pour vous qui êtes allés à l'école plus longtemps que moi et qui avez lu autre chose que Pif Gadget et Vertical.
Je vous laisse rêver à UNE NUIT EN PORTALEDGE sous le ciel des hautes alpes avec votre voisine.

Rien de majeur dans ce site, (enfin tant qu'il n'y a pas mon calendrier "dieu de la pente") c'est juste un outil pour jouer dans la montagne et se goinfrer du temps qui nous est impartit, pour promouvoir mon taf, pour vous guider où bon vous semble, pour vivre de beaux moments et voir la vie sous un autre angle

Alors si ça vous branche, parlez en à votre voisin le skieur, à votre voisine si elle est jolie et adore grimper en legging, à vos potes qui rêvent d'un beau raid à ski, à vos grands parents qui pourraient vous aider à financer votre voyage en Norvège, au club d'à côté qui aimerait former ses adhérents à ne pas se casser la gueule.
Bref, tel le messie, diffusez la bonne parole , vous aurez ma reconnaissance éternelle, et mon 06 pour les plus chanceux.

Paix et amour sur votre descendance, pour des siècles et des siècles.

A tout bientôt dans l'pentu !

15 Mai 2020

PARCE QUE ÇA ME TIENT À COEUR

Je viens de raccrocher le téléphone. La conversation d'avec  Pierre me picote le sensible. J'ai besoin de contrebalancer mon post d'avant hier où je démonte les conditions de notre reprise du taf, non parce que j'ai des remords, mais juste pour un modeste "hommage" à ceux qui on rendu cette reprise possible.


Mes écrits sont partiaux et caricaturaux, c'est le but. Mais il ne faut pas s'y tromper, je sais le boulot abattu pour que nous ayons le droit de travailler à nouveau. Les guides, les moniteurs d'escalade, les BE canyons, les parapentistes, les gardiens de refuges etc, savent le boulot qui est fait par leur syndicats et leurs représentants, devant des autorités gouvernementales qui naviguent à vue, croulant sous des montagnes de dossiers un poil plus "importants" que la pratique du bloc avec ou sans crash pad. Alors ouais, ne pas pouvoir être au relais avec un client pour cause de promiscuité quand un parapentiste fait du bi-place, ça nous laisse sans voix, et c'est à montrer d'un doigt plein de magnésie. Mais c'est le jeu ma pauv' Lucette, et on le sait !   


Quel Jeu ? Celui de la patte blanche, celui qui te permet de rentrer dans le poulailler, et ensuite de négocier la reddition des poulettes.  On y est maintenant, avec 1 mois d'avance sur le calendrier prévu, et j'ai déjà eu la chance de grimper  loin du sol, de tracer des courbes avec les potes tout près du ciel, sans ce maudit "ausweis" d'un autre temps et sans me soucier du couvre feu. Un quotidien normal pour celui qui vit dans les Hautes Alpes, une chance comparé aux cages à lapins du 9.3.

 Et je ne doute pas que les problèmes de 1500 guidos, d'une poignée de grimpeurs pleins de magnésie ou d'autres B.E. emmêlés dans leur suspentes, passent après la réouvertures des écoles, des frontières, des stocks de médocs, des infirmières en heures sup, des nanas qui se font tabasser par leur confiné de mari, des vieux qui meurent, des entreprises qui s'écroulent, des mecs qui se suicident, des couples qui divorcent, des mouflets qui ont peur, des banlieues qui surchauffent, des dealeurs qui s'engraissent, des flics qui démissionnent, des lois opportunistes à faire passer, des dividendes à récupérer sur la vente des masque, d'avoir une vision d'avenir, de s'occuper des élections prochaines.Faut pas se leurrer, on est tout petit.

On est tout petit, mais on fait partie de cette immense foule que je viens de décrire et il faut bien jouer des coudes pour récupérer sa ration de riz.
C'est ce qu'on fait tout ceux qui se sont dévoués pour la cause, jouer des coudes, bénévolement, après le job, après les urg, après avoir couché les mouflets.
Dites vous que nous le savons, autant que des mômes qui fustigent leur vieux qui triment pour eux. Mais les mômes sont ingrats, c'est bien connu.


Alors un tout grand merci les potos, un vrai hug, pas la main collante d'un élu en campagne, un vrai remerciement, un sincère.

À tout bientôt dans le chaos de bloc !

14 Mai 2020
LE SKI DE PELUCHE, COMMENT ÇA MARCHE DÉJÀ ?

"À quelle heure on part ?". Ho l'autre, la question...Ça fait deux mois que je n'ai pas vu ma montre et que je pense que le jour se lève à 9h30, alors savoir à quelle heure la neige décaille un 15 Mai dans les faces Est, autant te dire que là, je ne vais pas être de bon conseil. Mais bon j'd'irais 12h30, non ? Ça me laisse le temps de prendre un litre de café, de bouquiner, de trainer au jardin et de vous rejoindre, mon rythme depuis 2 mois. C'est bien comme ça non ? 
Bon, quand Nelss me dis 8 h, et qu'il me confirme " 8 h au sommet", la petite roue muticolore s'est mise à tourner, tourner... J'ai appuyé sur "escape" deux trois fois, mais rien n'y a fait, elle a tourné encore un  moment pour s'arrêter sur 
5 h15, l'heure à laquelle il allait falloir que je me lève. 5 h15. Comme dit Jérôme, on va vite se remettre à grimper...
Benj attend depuis 45 mn, vue que Nelss ne lui a pas dit qu'on décalait à 6h. Et Nelss n'a pas réussit à se lever, le traitre, le fourbe, le félon qui se retourne sur son oreiller. Il nous a vaguement servit une excuse moisie de réveil ou je ne sais quoi... TRAITRE ! On t'aura mec, on t'aura.

Les yeux tout encroûtés de fatigue et de croissant au beurre, le blanc du Crachet réveille nos papilles gustatives gourmandes de glisse. Ça nous chatouille l'intérieur des joues de petites bulles piquantes et sucrées. 

Mais ça nous chatouille aussi le cuissot devenu feignant, mais pas longtemps. On a presque eu peur de ne plus savoir.
C'est tout blanc, lisse à souhait, ça sent le "décaillage"  bon teint et la moquette bien épaisse. Un régal qui nous fait saliver à qui mieux mieux. Des curés à la sortie de la maternelle.
Sommet, thé, 2 coneries à la cantonnade, et on jette les peaux au fond du sac, on cale les pompes en mode descente pour s'apercevoir qu'elle sont bien plus raide qu'il y a deux mois. Sensation de début de saison, fébrile comme à un premier rencard. Je sais encore faire au moins ? 
"Bon j'y vais mais j'ai peur, parce que la neige elle est tropmolle ! Putain ça va viiiiiteuuu !"
On se fout de l'itinéraire, c'est la neige qui décide, on lui fait confiance. Ça déroule sous les appuis, le vent dans les chicots plein de moustiques à force de rigoler comme des nigauds. Ça tourne, ça courbe, ça se pousse et ça braille, des frouzes en conditionnelle quoi !

Alors à ceux qui se demandent : oui c'était booooooon, autant de se retrouver là-haut que de sentir le vent dans mes oreilles ( je ne peux plus sentir le vent dans mes cheveux...) , et ouiiiiii les conditions sont bonnes, encore et encore !
Il faut juste se lever quoi ...

À bientôt dans ma trace !

13 Mai 2020 
RETOUR AUX AFFAIRES, ENFIN PRESQUE...

Il parait que j'ai de nouveau le droit de travailler, dingue non ? Bien que le côté grattage de bloc et de jardin sous salaire universel me convienne plutôt bien, retrouver mes potes et mes clients, deux groupes qui se mélangent et se confondent parfois, me rempli de joie. Mais j'ai moins rigolé à lire ce que l'on m'autorise à faire dans le cadre de mon job... ça ne va pas être simple de bosser, voir pas possible.
- J'ai le droit de skier à la journée. Bon, on est quand même bientôt en juin...
- J'ai le droit de faire de la rando glaciaire, sans approcher mes clients. Bon, le premier glacier du coin est franchement loin pour y aller à la journée, ça ne fait pas... et quand j'aurais pété les dents de mes gus avec les mousquetons que je vais leur envoyer...
- Je peux faire de la via ferrata, avec un groupe de 9 gus, mais je n'ai pas le droit de faire une grande voie d'escalade avec 1 client pour cause de promiscuité au relais ! putaaaaaaaain. Je me demande si il va y avoir un gus avec un chiffon entre chaque client de via pour essuyer le cable ?
- J'ai le droit de grimper en falaise ! ouf ... mais normalement, je dois avoir un jeu de dégaines par voie, par essai, je dois me désinfecter les mains à chaque essai... bon, on fera comme d'hab quoi, hein tintin ?
- J'ai le droit de faire du bloc mais je n'ai pas le droit de parer mon pote. Du coup, je le laisse s'écraser comme une merde à chaque essai. Il n'avait qu'à mieux placer ses pieds ce gros con, c'est vrai quoi...
- Pas le droit de faire de relais pendant les courses d'alpinisme... hey mes clients chéris, j'espère que vous avez bien progressé pendant ces 8 semaines à la maison, parce que "ratata" interdit pour le moment ( sauf en bloc... ), ça passe ou ça casse, en mode Backdraft. Les anciens disaient que la corde servait à tomber en groupe...

- Il est interdit de s'arrêter aux cols ! celle là elle va faire ma journée. Alors vous bourrez tout dans vos poches, et démmerder vous pour manger, boire et marcher en même temps. Le premier qui râle en prend une. Enfin non, je ne peux pas... je lui jetterai une pierre désinfectée.  Pareil pour les photos, vous en achèterez sur Pinterest. Mais quoi ?!  c'est ce que font les japonais qui visitent l'aiguille du midi en 15 mn chrono, vous pouvez bien le faire non ? Et puis comme ça je serai rentré à temps pour regarder Hanouna.
- le bivouac est interdit en Haute Savoie. Ça c'est bon aussi. La femme du préfet de la Yaute a certainement du se faire culbuter au bivouac par un guidos ou un amm pendant un stage ucpa, mauvais souvenir pour lui le bivouac, pas bien le bivouac. Il y a au moins la moitié du couple qui garde un bon souvenir de ce que c'est de dormir à la belle.

Bref, j'ai le droit de bosser quoi...
Bon, on ne va pas se laisser bouffer par des textes et des virgules, alors je vais farter les planches pour un petit tour demain, histoire de prendre la température, je vais vous trouver de belles falaises où réviser vos gammes,  dégoter de belles via ferrata où on met les mains et on en prend plein les mirettes, et je vous prépare de belles nuits sous le ciel des Hautes Alpes en mode plein gaz.

Et j'ai hâte de vous revoir, même les plus vilains d'entre vous
À tout bientôt dans ma trace !

12 mai 2020 

LIBÉRATION SOUS CAUTION

Putain, liberté sous condition ! Ni une ni deux, je me débarrasse des mouflets qui me tiennent les basques " part pas papa, part pas !". Oh vos gueules, ça fait 8 semaines que j'ai envie de me casser alors lâche moi. Et puis conjugues tes phrases comme il faut , il manque la négation, tu m' fais honte. 
J'ai tout bourré dans la kangoo, je me suis roulé un 2 feuilles avec les recommandations du ministère de la tristitude, et je suis allé prendre du gaz avec Jérôme au Ponteil. 
On a commencé par prendre soin de notre distanciation sociale avec un gros hug à la ricaine, ça faisait longtemps. Et puis on a ajusté notre promiscuité en se roulant des clopes au relais.

On étais bien chaud côté recommandations là. On avait soif et on a sifflé le gel hydro machin là. Pas bon. Beurk.
Puis on a empilé quelques longueurs au dessus nos baskets, histoire de voir la vie sous un autre angle. Ça marche à tout les coups, et ça n'a pas loupé encore une fois. Côté perf, notre lecture de l'itinéraire ne restera pas comme un modèle du genre, mais ces quelques heures suspendues à une actualité délibérément anxiogène valaient bien ces quelques errances entre les spits, bien mal placés aujourd'hui... On s'est bien rempli les alvéoles loin des esprits chagrins qui ne manqueront pas de nous montrer du doigt.
Et cette grosse dose d'énergie, on la partage volontiers avec vous ! 

30 Avril-
Mes topos sont mes livres de chevet du moment, comme une envie de bouger qui me serre les "trip". Et même si bouger à côté de la maison me fait tout autant envie, j'ai comme une furieuse envie du grè chaud et adhérent de Zion...
En attendant de m'y faire rouster, un peu de chaud, de bonne musique, un poil de gaz et de jeunes qui n'en veulent dans cette vidéo. 


26 Avril 2020 -
Calé à la maison, comme la plupart d'entre nous, mais tout contre la montagne, à l'orée de la forêt, sous le soleil haut alpin. Un confinement confortable, au rythme du temps qui se pointe comme il veut, paisible, un luxe. Alors c'est le moment pour concrétiser les projets, ce site en fait partie. Un truc qui va à l'essentiel, sans compromis, que ce que j'aime. Il va s'étoffer, se préciser, changer, muter, comme nous quoi. Une affaire à suivre donc, avant de se retrouver dans ma trace . À tout bientôt. 
Renat